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CHRU Lille - Radioprotection

19 juin 2017

Lors du congrès national de radioprotection qui s’est déroulé du mercredi 7 au vendredi 9 juin à Lille, le CHU de Lille a présenté l’évolution de sa politique de radioprotection, grâce en partie à la mise en place d’un logiciel de suivi des travailleurs exposés.

"Depuis 4 ou 5 ans, nous essayons de passer d’’actions’ en matière de radioprotection à une vraie politique institutionnelle de radioprotection, politique plus globale de qualité et de management des risques", a indiqué en introduction Philippe Van de Woestyne, directeur qualité risques et vigilances au CHU de Lille.
L’établissement lillois comprend 12 hôpitaux, propose 3.213 lits et places, emploie 15.600 professionnels. Son site est réparti sur 130 hectares et dispose d’un budget annuel d’investissement de 80 millions d’euros.
Le CHU a développé une gouvernance structurée en matière de qualité et de gestion des risques avec un comité d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins. Et s’est doté d’un plan d’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins (PACQSS).
La délégation qualité risque vigilance comprend un médecin et 13 ingénieurs experts des différents domaines du risque, 6 techniciens supérieurs dont 3 techniciens PCR (personnes compétentes en radioprotection). La radioviogilance possède sa propre gouvernance avec un comité de radiovigilance composée d’un comité opérationnel de radioprotection pour les travailleurs et l’environnement et d’un comité de radiophysique médicale pour les patients.
"Sur les 15.000 salariés que compte l’établissement, un 10e est exposé soit environ 1.500 personnes", a indiqué Geoffrey Desmulliez, PCR et ingénieur coordinateur de la radioprotection au CHU.
Son service est chargé de surveiller et contrôler les 131 générateurs de rayon X, les deux services de médecine nucléaire qui produisent des déchets et des effluents radioactifs, un laboratoire avec un TEP-scan mais aussi les quelque 836 tabliers plombés.
De plus, "le CHU de Lille est un centre universitaire, il faut donc gérer les internes qui changent tous les 6 mois", a fait remarquer l’ingénieur. L’hôpital est également une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE). Et fait remarquer que, jusqu’à récemment, "les informations et les contrôles n’étaient pas homogènes".

Evolution des techniques

Au cours des 5-6 dernières années, le CHU de Lille a acquis de "nouveaux équipements pour faire les mesures de dosimétrie opérationnelle : la dosimétrie de cristallins pour les études de poste, des radiamètres pour effectuer toutes les mesures, etc.", a détaillé l’ingénieur en radioprotection.
Le responsable a recensé différentes "évolutions technologiques avec un système de gestion avec pourcentage et retour d’alarme, des optimisations permettant d’avoir une meilleure sécurité en matière de radioprotection".
Il souligne également le remplacement des "amplificateurs de brillance par des salles hybrides ou des salles totalement équipées avec des protections beaucoup plus importantes".

Evolution du management de la radioprotection

En ce qui concerne le management du risque, l’objectif était de centraliser les données réglementaires de radioprotection (suivi dosimétrique, visites médicales, formation). "Nous avons commencé avec des fiches Excel, mais c’était trop compliqué à gérer pour les 1.500 travailleurs exposés", reconnaît l’animateur du comité radiovigilance.
Après un premier contact avec la coordination des réseaux de PCR et acteurs de la radioprotection (Corpar) en 2014, le CHU de Lille a décidé de mettre en place un logiciel de suivi des travailleurs exposés, qui a été installé fin 2016.
"Ce logiciel est capable de récupérer toutes les données administratives, les visites médicales, d’interchanger avec notre plateforme dosimétrique passive et d’intégrer les nouvelles personnes à entrer dans le système". Il est également relié avec "la dosimétrie opérationnelle et permet de récupérer les doses", complète-t-il.
Le tableau de bord des risques reprend la liste des travailleurs, sur laquelle il est possible de voir toutes les dosimétries avec un système d’alerte basé sur un code couleurs (vert, orange, rouge). Au final, "on récupère sur un seul graphique la dosimétrie passive et la dosimétrie opérationnelle".
Depuis le premier trimestre 2017, la gestion des générateurs de rayons X et des sources a été intégrée dans ce logiciel avec "pour chaque équipement, la possibilité de rentrer les contrôles internes et externes".
Résultat : "on constate le renforcement du temps PCR, plus le suivi du logiciel". Et grâce aux alertes, "nous sommes à jour sur les contrôles". Et le PCR de mentionner l’augmentation des équipements de protection collectifs "avec des salles plus équipées, ce qui nous a permis de diminuer le plomb des protections".
Avec ce nouveau management du risque, les PCR ont remarqué une baisse des plaintes sur le port des tabliers plombés et s’interrogent sur une éventuelle diminution des troubles musculo-squelettiques (TMS).
L’équipe a également noté la fin du ressenti négatif et la disparition des phrases suivantes : "on n’est pas suivi", "les dosimètres ne marchent pas" ou bien "nos équipements de protection ne sont pas efficaces ni contrôlés".

De nouvelles pistes d’amélioration

"Nous allons consolider les statistiques (par service et par pôle) et présenter des bilans au CHSCT. Nous prévoyons également d’ajouter les suivis dosimétriques des cristallins, et de transmettre les tableaux de bord réguliers aux managers. Enfin, il est prévu d’intégrer tous ces indicateurs au plan d’amélioration continue de la qualité et de la sécurité des soins ", conclut l’ingénieur.

Geneviève De Lacour

Source : TecHopital, juin 2017

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