IMPRIMER FERMER

Surveillance des infections nosocomiales en réanimation adulte

Réseau REA-Raisin, France, Résultats 2016

5 avril 2018

La surveillance des infections nosocomiales (IN) est prioritaire en réanimation, secteur à haut risque du fait de l’état critique des patients et de leur exposition aux dispositifs invasifs. Depuis 2004, la surveillance nationale REA-Raisin, coordonnée par le Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des IN, cible en réanimation adulte les infections associées à un dispositif invasif pour lesquelles une démarche de prévention est essentielle : pneumonie (PNE), colonisation ou infection ou bactériémie (COL/ILC/BLC) liée au cathéter veineux central (CVC) et bactériémie (BAC). Depuis 2015, les services volontaires recueillent les données de manière continue de janvier à décembre (versus 6 mois auparavant) concernant tout patient hospitalisé plus de 2 jours.
De janvier à décembre 2016, 200 services ont inclus 67 899 patients (âge moyen : 64,3 ans), hospitalisés en moyenne 11,0 j et dont 70,5% relèvent à l’admission de la médecine, 17,5% de chirurgie urgente et 12,0% de chirurgie réglée ; 7,7% des patients sont traumatisés, 15,3% immunodéprimés et 57,2% ont reçu un traitement antibiotique à l’admission. Le score IGS II moyen est de 46,0 et la mortalité intra-service de 17,2%. L’exposition à un dispositif invasif est fréquente : intubation (61,2%), CVC (64,3%) et sonde urinaire (85,8%). Parmi les 67 899 patients, 10,35% ont présenté au moins une infection surveillée.
Les micro-organismes les plus fréquemment isolés sont P. aeruginosa (19,9%), S. aureus (13,5%), S. epidermidis (12,1%). Depuis 2004, la résistance aux antibiotiques diminue pour les souches de S. aureus (15,2% SARM en 2016). Le phénomène de résistance reste élevé pour EBLSE (16,8% de souches productrices de BLSE avec 1,8% I/R à l’imipenème) mais semble stabilisé depuis quelques années.
Les taux d’incidence sont de 15,22 PNE pour 1000 j-intubation, 3,39 BAC pour 1 000 j d’hospitalisation, 0,76 ILC et 0,55 BLC pour 1 000 j-CVC. Ces taux varient fortement d’un service à l’autre en lien avec les caractéristiques des patients.
Au cours des cinq dernières années (2012 à 2016) sur l’ensemble du réseau, certains facteurs de risque varient (hausse de IGS II, moins de traumatisés et d’antibiothérapie à l’admission, moins de chirurgie réglée et urgente) et les ratios d’exposition aux dispositifs invasifs diminuent. On observe une diminution des taux d’incidence pour 1 000 j d’exposition : significative pour BLC (-19,1%) non significative pour BAC (-2,3%) et ILC (-3,8). L’analyse multivariée met en évidence une baisse non significative en 2016 des PNE liées à l’intubation (OR ajusté : 0,95 ; IC95 : 0,89-1,00). Par contre elle confirme la baisse significative des BLC (OR ajusté : 0,73 ; IC95 : 0,60-0,90), à mettre en relation avec l’amélioration des pratiques professionnelles associées aux dispositifs invasifs en réanimation.
Avec une participation s’élevant à 45,6% des lits de réanimation de France, les données de REA-Raisin constituent une référence nationale pour mieux connaître les IN en réanimation et permettre aux services participants de se comparer, d’évaluer et orienter leurs actions de prévention.

Rapport [http://invs.santepubliquefrance.fr/fr/content/download/145251/527575/version/12/file/rapport-surveillance-infections-nosocomiales-reanimation-adulte-2016.pdf]

Module optionnel « Indicateurs d’évaluation des pratiques » [http://invs.santepubliquefrance.fr/fr/content/download/145250/527567/version/6/file/rapport-surveillance-infections-nosocomiales-reanimation-adulte-2016-module-optionnel.pdf]

Source : Santé publique France le 30 mars 2018